Simon Drouin n’est plus. Il nous a quittés. Il était l’intelligence qui impose la mesure et la bienveillance qui apaise les fureurs. Juste équilibre entre force et douceur. Un vieux sage depuis toujours. Son départ, pourtant attendu, nous scie en deux et on vacille face au récit de son effondrement. Quelle débâcle, après des mois d’un mal qui, en apparence « gracieusement immobile », n’en poursuivait pas moins son grand saccage, transformant du coup la présence au monde de notre ami. Simon n’est plus, et nous sommes pétrifiés. Sidérés. Catastrophés. Et puis on s’arrête et on pense à lui. Au sillon profond, durable, qu’il a creusé dans nos vies. À son art épormyable qui a construit des passerelles entre lui et nous, nous donnant un accès privilégié à son imaginaire créatif indocile. On n’oubliera pas les fulgurances spectaculaires qu’il nous a fait vivre, non plus que cette version de la vie qu’il nous offrait après l’avoir teintée de ses couleurs si singulières. On se souviendra de son sens aigu du rapprochement. De tous les rapprochements. Simon n’est plus, mais sa Bonne Idée demeure. Et avec elle le sentiment que le monde a été transformé par son éloquent passage.

Elizabeth Plourde, au nom du conseil d’administration et de l’équipe de Recto-Verso et du festival Mois Multi.

Photo : Simon Drouin | 30e anniversaire de Recto-Verso | Prestation pour tableaux de Claudie Gagnon | 2015
Crédit : Charles Fleury