Crédit photo : Elias Djemil

OPIUM (2012)

Mathieu Campagna & Miriane Rouillard
Projet déposé à l’automne 2012

Opium est un spectacle multidisciplinaire ayant pour thématique principale le sommeil, l’inconscient et l’onirique. L’idée même du spectacle est d’amener le spectateur, par le biais de la musique, de l’éclairage, du jeu théâtral, de la mise en scène, de la diffusion électroacoustique et de la scénographie, à un état qui ressemble au rêve : faire en sorte que son esprit vague et divague. Il s’agit d’induire chez le public cet état d’esprit, et certaines réactions qui sont propres à l’approche du sommeil : la perte de contrôle de soi, l’abandon, la pensée qui se génère d’elle-même, être là sans y être.

L’une des pierres d’assise d’Opium est une composition mixte de musique instrumentale contemporaine et électroacoustique créée par les compositeurs Miriane Rouillard et Mathieu Campagna. Leur musique est interprétée par eux-mêmes ainsi que 2 autres musiciens de la relève de Québec (flûte traversière, oud et guitare électrique, violoncelle, marimba) en plus de bandes diffusées. L’espace rappelle une fumerie d’opium asiatique ou une maison de thé japonais (lumières et murs de papier, rideaux de bois, etc.). Le décor a été choisi parce qu’il représente, dans l’imaginaire collectif, un endroit où l’on va oublier le monde pour se perdre dans la volupté du rêve. Le public écoute le spectacle couché dans des hamacs disposés de façon irrégulière dans la salle, autour des espaces de jeu.

L’éclairage est l’une des clés qui permet d’installer un univers onirique. À l’entrée du public, une lumière très douce baigne dans la pièce. Au fur et à mesure que l’oeil du spectateur s’habitue à voir dans la pénombre, la lumière décroît lentement jusqu’à la limite du perceptible, où l’on n’est plus certain de ce que l’on voit. Tout au long de la représentation, l’éclairage est mis à contribution pour alimenter une ambiguïté visuelle.

Un travail de mise en scène donne aux interprètes une présence mystique, de cérémonial, chargée; ils sont en quelque sorte des « passeurs », des guides vers un autre monde de rêve (et de cauchemar) ou encore des veilleurs comme ceux qui distribuaient l’opium et veillaient sur les dormeurs dans les anciennes fumeries d’opium. On ne distingue jamais parfaitement les interprètes puisqu’ils sont toujours en ombre et contre-jour (écrans, ombres chinoises). Leurs mouvements lents accentuent l’irréel de leur présence.

Les collaborateurs
Karine Mecteau Bouchard, scénographie et costumes
Charles-Alexis Côté, marimba et percussion
Marianne Croft, violoncelle