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LUMENS ( 2000-2004 )

Genre :

Installation scénographique et performance

Création :

Texte de Valère Novaria, extraits de Le monologue d’Adramélech

EXTRAIT DE PROGRAMME
Entrepris en 1996, lors des laboratoires de recherche des Productions Recto-Verso, le projet Lumens, en installation, s’inscrit dans un processus de création sur l’espace. Initié par la conceptrice d’éclairage Caroline Ross, Lumens définit un espace où l’image vidéographie est utilisée pour ses qualités lumineuses, sa mobilité et ses subtilités de fondus. Pour ce projet, Caroline Ross s’entoure de complices dont les démarches artistiques et les approches recoupent les jeux d’hybridation inhérents au projet Lumens. L’image vidéo étant la source lumineuse privilégiée, le vidéaste Boris Firquet apporte son support pour créer un environnement étrange et englobant où les images à haut contraste lumineux, composent un univers mobile, frénétique et hypnotique. Une trame sonore créée par Éric Gagnon et inspirée par cet environnement complète l’installation où chaque composant, vidéo, audio et lumière, sont liées informatiquement.  C’est dans cet univers semblant surgir des abysses que Pascale Landry offre une performance physique qui met en jeu la parole captive, amplifiée, détournée. S’appuyant sur un texte de Valère Novarina, Le monologue d’Adramélech, la performeuse découvre une vision du jeu éclairante et stimulante.

REVUE DE PRESSE
« On pense à Nuit et brouillard, le code sous lequel les nazis expédiaient en douce les gêneurs politiques sous le 3e Reich, au vu de Lumens, l’installation-performance que les Productions Recto-Verso proposent au studio In Vitro de Méduse en lancement du Mois multi. Dans un haut mur cylindrique décentré esquissant une spirale, mur gainé de pellicule plastique transparente, un personnage, l’Adramélech du monologue de ce nom de Valère Novarina, va et vient dans la fumée en proférant d’étranges incantations sous son masque à gaz et sa lampe frontale. On ne saurait dire s’il est un témoin inquiet de son monde ou sa victime harassée… En tout état de cause, le monde enclos ici par la conceptrice éclairagiste Caroline Ross constitue un espace délétère offert à l’oscillante séduction de chaudes lumières vidéo, comme à leurs inflexions plus froides, plus menaçantes, et à un fracas sonore angoissant. Combat de l’être contre la multitude insaisissable, vision sans merci de la condition humaine. …

…Sombre propos ? Certes. Mais quelques éclaircies surgissent, vers la fin, à travers des rires d’enfants. Ou dans cette image d’une apesanteur amniotique où la performeuse, suspendue, baigne comme dans un hologramme. Courts répits. La dernière image, forte, nous ramène à l’ordre en rappelant une réalité cruelle, à savoir qu’au moment même où on voit cette image – ou qu’on lit ces lignes – , il y a sur cette planète de nos semblables qui, refusant d’être rien, n’ont d’autre choix que d’être une cible. »

Jean St-Hilaire, Le Soleil, 4 février 2000

« Au centre du studio In Vitro du complexe Méduse, une structure circulaire non-fermée est recouverte de deux pellicules de plastique qui forme un long couloir dans lequel circule de la fumée. Cette texture retient la luminosité, tout en recréant des effets qui proviennent de projecteurs vidéo situés aux quatre coins de la salle. Du sable et des chaises sont disposés un peu partout autour de cette spirale d’acier imposante.

Avant d’entrer dans la salle pour assister à la performance, on invite les spectateurs à se déplacer à leur guise au cours de l’événement, afin de mieux percevoir les qualités lumineuses de ce projet. Dans le couloir de la tour qui atteint près de 12 pieds de hauteur, des fuseaux lumineux traversent déjà la pellicule. Le travail vidéographique de Boris Firquet met en place une atmosphère de beauté et d’inconfort qui ajoutent au mystère de l’événement performatif. Immobile, entre les parois des murs transparents, l’interprète Pascale Landry apparaît accroupie; son visage sous un masque à gaz. Une musique électronique bruyante installe un climat de détresse. Elle entame avec une intensité nerveuse, le début du Monologue d’Andramélech du dramaturge français Valére Novarina. On entre ainsi, dans ce labyrinthe de mots et de phrases ludiques. Désormais, la parole de Novarina convoque le drame de vivre tout en étant absorbé par ce monde aussi réel qu’imaginaire. …on ne peut pratiquement jamais rester sur place pour suivre l’action dramatique. …On devient, tour à tour, voyeur, guide, et instrument de cette performance aux allures post-nucléaires. … Un travail où le risque et l’émerveillement vont de pair. Après la réussite de Lumens, on espère que d’autres rendez-vous aussi inattendus sont à prévoir tout au long du Mois Multi. »

David Cantin, Le Devoir, 7 février 2000

Présenté :
du 2 au 6 février 2000
Salle Multi de Méduse dans le cadre du Mois Multi (Québec)

Idée originale, direction artistique, conception de l’installation et lumières: Caroline Ross
Scénario: Caroline Ross avec la complicité de Pascale Landry
Idée originale de la performance : Pascale Landry
Conception et réalisation vidéo : Boris Firquet
Conception de la trame sonore : Éric Gagnon
Réalisation de la trame sonore et Mix audio : Éric Gagnon et David Michaud
Contrôle informatisé des médias : David Michaud
Développement du projecteur motorisé : Caroline Ross et Mario Brien
Réalisation de l’installation : Jérôme Lapointe
Chef machiniste : Gaëtan Noël
Directrice technique de la Salle Multi : Nathalie Héroux