Photo : Marion Gotti

LÀ (2016)

Genre :

Installation interactive multidisciplinaire

Création :

Line Nault

Production :

Productions Recto-Verso

En considérant l’aspect formel ouvert et la nature un peu mystérieuse du contenu, nous en sommes venus à parler des visiteurs comme des « spectracteurs » – spectateurs / acteurs / fantômes qui se rencontrent dans ce lieu, .

L’univers dans lequel évolueront les « spectracteurs » représentent les dimensions d’un appartement. Le plan du lieu est délimité par quelques arêtes architecturales lumineuses qui pourront s’activer selon les désignations faites par la structure interactive. Ces arrêtes minimales permettent à celui qui s’y promène de reconstruire dans son imaginaire la pièce réelle. Chaque participant est assigné à une trame narrative unique, décrivant un point de vue personnel du drame du lieu. En se déplaçant dans l’espace, le « spectracteur » active les souvenirs du protagoniste qu’il représente. Les souvenirs seront narrés dans un petit haut-parleur que le « spectracteur » portera comme un collier. Un peu à la manière de la main qui tourne le bouton pour trouver le signal radio, le « spectracteur » doit trouver les emplacements dans le lieu où les sons et les mots apparaitront. Sa vitesse de déplacement et sa posture pourront influencer la trame sonore du lieu, il pourra même jusqu’à un certain point la fabriquer. Pour avoir accès au maximum des possibles de la construction sonore et lumineuse il faudra que les visiteurs soient actifs dans le processus. Pour avancer dans la trame, un certain pourcentage de points-lieu dans l’espace doivent être dévoilés.

Une trame générale combine les mouvements de tous les participants permettant d’avancer dans le développement narratif. Le « spectracteur » devient tranquillement le fantôme du lieu.

 sera présenté dans le cadre du Mois Multi 2016

Extrait de presse :
« À mi-chemin entre le spectacle et l’installation, Là est une expérience participative qui place les spectateurs au coeur de l’action. Quatre à la fois, les « spectrateurs » – comme l’artiste aime les nommer – déambulent dans un espace fantomatique dont les coutours sont dessinés par une structure lumineuse. Grâce à un dispositif de localisation, les présences actives et sensibles des participants révèlent les fragments sonores d’une histoire qui change en fonction de leurs interactions. Les couches du récit s’enchevêtrent et se superposent et donnent ainsi lieu à une multitude de scénarios. »
MonSaintRoch.com, janvier 2016

« Objet hétéroclite, aussi chargé qu’éthéré, Là, qui a demandé trois ans de travail, s’avère une expérience sensorielle immersion intense et mystérieuse, où la logique doit laisser place aux sensations. Par l’entremise d’un dispositif technologique très sophistiqué, mais complètement invisible, l’artiste s’interroge sur la mémoire, sur le rêve, le réel et le fantasme qui se chevauchent pour créer une histoire dans une histoire, une réelle mise en abîme imaginaire… Malgré l’espace nu – les pièces de l’appartement dans lequel on déambule ne sont délimitées que par des LED suspendus, qui s’activent et changent de couleur selon personne qui entre ou sort d’une pièce – on imagine avec beaucoup d’aisance les lieux et les événements décris par Ève Durance, Éric Forget, Johanne Haberlin ou Renaud Lacelle-Boudon, audibles grâce à un petit haut-parleur sur notre épaule gauche. La trame sonore d’Alexandre St-Onge, créée à partir de sons félins, berce, puis gronde, allant jusqu’à créer une certaine frayeur, lors de moments plus intenses. »
David Lefebvre, MonTheatre.qc.ca, 25 février 2016