Photo : David N.Bernatchez

CABARET DOMESTIQUE | 4 février 2017, 19 h et 21 h 30

CABARET DOMESTIQUE

4 février
Présenté en deux temps
19 h – Une succession
21 h 30 – Cap au pire et Jacques Julien
Studio d’Essai
Entrée libre

Courtes formes performatives autour de l’image en mouvement

Célébrant le quotidien et l’intime à travers l’image en mouvement, trois expériences performatives à l’échelle humaine donnent vie à des personnages réels et inventés, transfigurant ainsi le banal et l’ordinaire en des rencontres inouïes.

Durée : environ 30 minutes par performance

Une succession
Catherine Bélanger
(Canada (QC)

Présenté en collaboration avec Avatar

PRIMEUR

Filmée dans sa cuisine, la mère de Catherine Bélanger prépare un délicieux ragoût de boulettes. Le public est invité à assister à cette scène reconstituée à l’aide de projections. Dans l’espace virtuel ainsi créé, l’artiste suit chacun des gestes que sa mère exécute ; à l’aide de capteurs de mouvement, elle dessine en surimpression sur les images les chemins de cette chorégraphie domestique. Cristallisant un fragment de patrimoine familial en un tableau empli de tendresse, Une succession est une ode émouvante à la transmission et à la conservation des savoirs, aux mémoires individuelle et collective de même qu’au précieux partage intergénérationnel.

  • Soutien technique à la production et à la diffusion : Félix Fradet-Faguy, Louis-Robert Bouchard
  • Soutien à la prise de son : Nathalie Leblanc
  • Programmation : Cédric Arlen-Pouliot
  • Remerciements : Département d’Animation 3D et synthèse d’images du Cégep Limoilou, Louise Genest Bélanger
  • Photos : Félix Fradet Faguy et Martin Laberge

Biographie

Catherine Bélanger vit et travaille à Québec. Elle est titulaire d’un baccalauréat en arts visuels et d’une maîtrise interdisciplinaire en art, complétée en 2012 à l’Université Laval. Depuis 2004, elle enseigne principalement au Cégep Limoilou, dans les programmes d’Arts visuels, de Métiers d’art et d’Animation 3D. Poursuivant en parallèle sa production artistique, elle propose en 2012 une exposition solo à la Galerie le 36 à Québec. Prémisse à de nouvelles recherches, elle travaille sur un projet en collaboration avec le Musée de la civilisation de Québec depuis 2013 comportant plusieurs phases dans le temps et réalisé avec des personnes de toute provenance. Il utilise le patrimoine immatériel alimentaire comme sujet. Il l’amène à présenter ses recherches sous différentes déclinaisons à Québec en 2013 et en 2016 ainsi qu’à Bangkok en 2015. De plus, elle participe à divers événements solos et collectifs depuis 1997, particulièrement à Québec ainsi qu’en Beauce, à Percé et à Rimouski.

catherine-belanger.com

Photo : Félix Fradet Faguy

Cap au pire
John Blouin et Bernard Falaise
(Canada (QC)

PRIMEUR

John Blouin et Bernard Falaise ont imaginé une performance cinématographique inspirée du texte Cap au pire de Samuel Beckett. Par des jeux de langage, d’images et de sons, ils font apparaître la silhouette de différents personnages le long d’itinéraires sinueux pour dire et redire cette œuvre phare en poursuivant la quête énigmatique de son auteur.

Conception : John Blouin
Trame sonore : Bernard Falaise
Inspiré d’un récit de Samuel Beckett
Photos: John Blouin et Patrick LaRoque

blouin_falaiseBiographies

John Blouin – Lors de ses études, John Blouin devient projectionniste à l’ONF. Il y fonde Cabina Obscura, performances cinématographiques alliant projecteurs 35-16 mm et numériques, ombres et trame sonore en direct. Il déambule ainsi dans quelques villes et festivals, de Montréal à Beijing. John s’intéresse à une autre facette de l’image en réalisant des courts métrages dont Change Over, Filmstripe et Gate, trilogie sur la mort d’un cinéma.

John vient de terminer un court documentaire avec l’ONF et Spira, Lou, la Vie! Il est en post-production avec l’ONF sur Armand par Vaillancourt, son long métrage sur le célèbre sculpteur. LUX, une installation cinématographique, est sa toute dernière œuvre en circulation. Cap au pire, initie un nouveau cycle de performance-cinéma

Bernard Falaise – Guitariste, compositeur et improvisateur, Bernard Falaise explore des domaines musicaux variés en utilisant aussi bien l’écriture traditionnelle que la technologie numérique. Il collabore au sein de nombreuses formations dont Klaxon Gueule, Miriodor, Les Projectionnistes, Subtle lip can, Foodsoon et auprès de personnalités comme Michel F Côté, André Duchesne, Pierre Cartier, Urbain Desbois, Pierre Labbé, Jean Derome et D. Kimm. Il écrit des pièces pour divers ensembles musicaux dont le Quatuor Bozzini et Quasar et réalise des disques de Frank Martel, Jorane, Marie-Jo Thério et Les Païens notamment. Récipiendaire du prix Opus « disque actuel/électro de l’année » pour le CD Clic en 2007, il signe de nombreuses bandes sonores pour le cinéma et la télévision, le théâtre, la danse pour Brigitte Haentjens, Wajdi Mouawad, Hélène Langevin, Marcelle Hudon, Robert Lepage, entre autres. Sa discographie solo et en collectif compte plus de quarante titres.

Photo : John Blouin

Jacques Julien
David N.Bernatchez
(Canada (QC)

Présenté en collaboration avec Spira

Évoquant à la fois le conte et la lanterne magique, Jacques Julien remonte aux sources du cinéma parlant, à cette époque où un bonimenteur narrait et commentait le film en direct. Avec cette performance multimédia low-fi, David N. Bernatchez met à profit sa rencontre avec Réal Latreille et évoque l’histoire d’un quinquagénaire à la croisée des chemins.

  • Performance, réalisation et scénario : David N. Bernatchez
  • Assistance à la conception : Marco Dubé
  • Musique : Louis-Simon Roy
  • Direction de la photographie : François Gamache
  • Photographies : collection Réal Latreille
  • Remerciement : Laboratoire La Création sonore

« Québec est, soi-disant, la ville d’un mystère. Bastion historique de l’Amérique française, la capitale d’aujourd’hui serait embourbée dans un pragmatisme simpliste, ses citoyens étant victimes d’une radio d’opinion criarde et opiniâtre. Avec Jacques Julien, David N. Bernatchez plonge candidement et humblement dans ce cliché. Il raconte et chantonne, en direct, une vie ordinaire : celle de Jacques, le vendeur de métier. L’élection fédérale de 2011 donne à ce portrait bien intime les airs d’une radiographie collective.

Entre fiction et documentaire, Jacques Julien séduit par son langage audacieux, à la fois simple et déjanté. Ainsi le film serait, selon Serge Cardinal, l’oeuvre d’un redoutable fabulateur documentaire. Le court métrage révèle, entre autres choses, le naturel de comédiens qui ne s’y seraient pas crû: Réal Latreille et Lise Demers y jouent ainsi une scène de casse-crôute mémorable, pérennisant la mémoire d’un lieu qui fut, pendant longtemps, la plus vieille binerie de la ville de Québec. L’animateur de radio Denis Gravel y joue, en contrepoint, son propre rôle. »

Le bonimenteur est un parleur. Dès le dix-huitième siècle, il interpelait les passants pour faire la promotion de lieux, d’événements, de fruits et de légumes. Il est devenu, au début du vingtième siècle, le raconteur du cinéma naissant. Curé, conférencier ou simple amuseur de salon, il a commenté les images projetées au Québec pendant des décennies. Il a disparu avec l’avènement de la télévision, du nucléaire et de toutes les sociétés de l’information qui prolifèrent depuis. Dans un contexte devenu hypermédiatique, David N. Bernatchez suggère que la « nouvelle oralité » soit aussi celle du bonimenteur. Bonimenter hi-res dans le canal low-fi : dire « il était une fois » sur certaines images pour qu’elles (re)deviennent du cinéma.


Biographie

David N. Bernatchez écrit et bricole du cinéma depuis plusieurs années. Anthropologue et musicien, il s’intéresse à bien des choses qui pourraient ne pas aller ensemble : le sport, l’Afrique centrale et la musique expérimentale. Avec Jacques Julien, il conjugue trois facettes de son travail qui ne l’avaient jamais été : le cinéma, la performance et la fabulation pédagogique.

Photo : David N.Bernatchez

Celebrating our everyday private worlds through the moving image, three performances on a human scale give birth to both real and invented characters, transforming the banal and the ordinary into the extraordinary.

Une successionCatherine Bélanger – Filmed in her kitchen, Catherine Bélanger’s mother prepares a delicious pork stew. Viewers are invited to witness the scene, recreated through projections. In the virtual space created, the artist captures each of her mother’s gestures; using a motion sensor, she superimposes drawings on the images of this domestic choreography. Crystallizing a fragment of the family heritage in a scene imbued with tenderness, Une succession is a moving ode to the transmission and preservation of knowledge, to individual and collective memory—not to mention a precious intergenerational act of sharing.

Cap au pireJohn Blouin and Bernard Falaise – John Blouin and Bernard Falaise have concocted a cinematic performance inspired by Samuel Beckett’s novella Worstward Ho. Through an interplay of language, images and sounds, the silhouettes of various characters appear along a winding path to evoke Beckett’s groundbreaking work and enigmatic quest.

Jacques JulienDavid N. Bernatchez – Conjuring up both the fairy tale and magic lantern, Jacques Julien harks back to the origins of talking pictures, to the days when a monologist narrated and commented on the film as it was being screened. In this low-fi multimedia performance, David N. Bernatchez makes the most of his meeting with Réal Latreille, recounting the story of a fifty-year-old man at a crossroads.